Ne votez pas

Vous êtes né à quelle époque ? Moi dans les années 70. Je n’ai connu que la crise. Que ça. Dès le collège on nous a prévenus : il faudra se battre. Il n’y a pas assez de travail pour tout le monde. Dès le début on nous a fait comprendre qu’on allait en chier, qu’on aurait peur, qu’on serait précaire. On a mis du temps à comprendre ce qui se tramait. Aujourd’hui on connaît les règles du jeu. Aujourd’hui on sait, comme au casino, que c’est toujours, TOUJOURS, la banque qui ramasse le magot. Il y a quelques gagnants pour légitimer le système. Mais les maitres du monde cultive l’entre soi, les gagnants sortent toujours des mêmes cercles. Les gagnants ne se battent pas. Nous, on se bat. Mais nous, nous ne serons jamais des gagnants dans ce jeu.

Ne votez pas

C’est un jeu intéressant le Monopoly. Le Monopoly, vous connaissez ? La République c’est le Monopoly. Pour jouer, il faut voter. Attention, dans la vraie vie, au Monopoly, tous les joueurs ne se valent pas. C’est de la triche ? Non ce n’est pas de la triche, c’est de la démocratie représentative dans une économie de marché. Donc en démocratie représentative, en France, en République, il y a des élites. Ces élites républicaines sont passées par la voie royale et ont aujourd’hui un certain nombre de privilèges. Quand un joueur de l’élite essaie de tricher, il retourne à la case départ et touche 20 000. Si vous faites la même chose, vous allez directement en prison. L’élite ne va jamais en prison. Enfin si, de temps en temps, mais ces gens ont déjà sous le coude les cartes « présomption d’innocence assurée » et « comparution libre ». L’erreur de la banque est toujours en leur faveur, vous passez toujours par la case impôt sur le revenu. Les cartes gares et compagnies des eaux sont déjà distribuées. Pas entre vous, entre eux. Derniers détails, vous jouez avec un dé à deux faces (0 ou 1). Eux ont la traditionnelle paire de dé à six faces. Vous n’aimez pas ce jeu ?

Ne votez pas

Le fait est que s’il n’y plus de joueurs il n’y plus de jeu. S’il n’y a plus de jeu, il n’y a plus de privilèges. Alors on essaie de convaincre les gens de rester dans la partie. C’est la carte « populisme ». La carte populisme est une carte à double face. La première permet à tout débateur de vous traiter de populiste si vous critiquez l’ensemble du système, l’ensemble des règles. C’est un argument d’autorité très pratique et redoutable.

Voyez-vous Mr Anderson, si plus personne ne vote nous n'existons plus...

Voyez-vous Mr Anderson, si plus personne ne vote nous n’existons plus…

 

Devant l’accusation de populisme, on prétend préférer le réformisme. On réclame des changements dans le grand livre des règles, les candidats promettent de modifier des chapitres entiers et au final on ne remplace que quelques mots par leur synonyme. Voilà.

Ne votez pas

N’ayez pas peur de vous faire traiter de populiste. Quand un système est pourri, on ne le réforme pas, on l’aboli. Comme l’esclavage par exemple. Et croyez-moi, nous sommes esclaves de nos croyances sur la démocratie représentative. Nous sommes des toxicomanes de cette parole publique dont on ne sait plus se passer. Et cette histoire devient sordide.

Nous regardons le visage tuméfié de Marianne et avec elle nous rentrons au bercail après chaque élection portée par l’espoir que le système se reformera. Nous voyons les ecchymoses sur le corps de Marianne mais les promesses de changement sont si convaincantes que nous signons à nouveau dans le petit carré. A voté ! A donné le pouvoir à son agresseur et vit avec lui. Nous savons que Marianne a été violée à plusieurs reprises et par plusieurs personnes dans les caves des palais de la République. Nous le savons tous. Et que faisons-nous ? Nous lui demandons de ne pas la ramener. Ahahah si c’était dans notre cul on dirait quoi ? Marianne va crever, on ne peut plus la sauver et nous sommes complice. Jusqu’à quand ?

Ne votez pas

Et le FN ? Le FN c’est la deuxième face de la carte populisme. Auriez- vous imaginé qu’après une histoire aussi douloureuse pour tous, les nationalismes surgissent à nouveau à la faveur de la crise ? Les années 80. Le FN qui monte, qui monte. Et comme solution ? Des pins. Des concerts. Pour lutter contre les extrémismes, on nous a fait croire qu’il suffisait de manger des merguez ! Et pendant ce temps Jean Marie a semé et semé sur le terreau de la crise. Elle est belle la moisson aujourd’hui. Et, voyez-vous, la montée du Front National aujourd’hui, c’est notre responsabilité. Son apparition, c’est de notre faute. Nous les abstentionnistes, qui ne votons pas « utile ». Utile à qui ? A quoi d’abord ? Le 21 avril 2002 n’est pas de mon fait, la manipulation de masse non plus. Je ne cautionne plus ce système qui ne doit sa survie qu’à la souffrance de plus en plus grande de ses composantes et à la peur qu’il leur insuffle. Ce système absurde nous force à légitimer ceux dont la seule option, dans le confort ouaté des cabinets ministériels, sera de de sacrifier peu à peu tout ce qui peut faire de nous des êtres libres. Il faudrait que je légitime la montée du FN par mon vote et ma participation ? Non. Je ne l’accepte pas. Je n’accepte plus ces règles. Je les rejette avec tous les partis et donc avec le FN qui quoique vous puissiez en penser est un parti comme les autres. Finalement il ne s’agit que de femmes et d’hommes cherchant à obtenir du pouvoir. Et c’est bien aujourd’hui le pouvoir démesuré détenu par une autorité centrale qui est la source de tous les problèmes.

Ne votez pas

Auriez-vous imaginé, ici en France, que la sécurité sociale serait un jour en péril, que notre système éducatif serait au bord de la faillite, que nous serions endettés comme les mexicains en 1982 ? Maintenant réfléchissez juste un tout petit peu : qui porte la responsabilité de cette situation ? Par exemple, qui a décidé en France que l’Etat n’aurait plus le droit d’emprunter auprès de la Banque Centrale à taux nul ou à taux très faibles en 1973, ouvrant ainsi la voie à une spirale de surendettement infernale. Étiez vous au courant de la ratification de ce principe dans les traités de Maastricht (art 104) et de Lisbonne (art 123). Vous souvenez-vous d’un quelconque débat sur le sujet ? Qui vous a dit qu’un traité entre l’Union Européenne et les Etats Unis était en train d’être négocié dans des conditions ahurissantes de secret au rebours de tout ce que la classe politique proclame à longueur de journée et contre l’intérêt manifeste des citoyens.  L’avez-vous choisie ? Non. Pourquoi ?  Parce que le débat politique en France c’est mariage gay et viande halal.

Ne votez pas

Quand je pense à mes enfants j’ai peur. On nous passera bientôt la facture. On va bientôt nous responsabiliser. Parce qu’il faut vraiment être irresponsable pour attraper un cancer, avoir un accident de travail ou encore demander une éducation de qualité en temps de crise. Responsabiliser : vous allez payer et vous allez prendre cher. Et vous l’aurez choisi. Après une longue campagne ponctuée d’affaires, de petites poussées de fièvre sur les réseaux sociaux et de déclaration fracassante, vous choisirez celui qui après vous avoir promis le contraire va vous responsabiliser. Et vous l’accepterez avec fatalité. Pourquoi ? Parce que vous l’aurez choisi !

Ne votez pas

Qui ne dit mot consent ? Non. Qui ne dit mot, ne dit rien. Qui ne dit mot à cesser de jouer. Qui ne dit mot, essaie de maitriser depuis longtemps la colère froide qui monte en son être. Qui ne dit mot se prépare. Qui ne dit mot sait qu’il y aura des heures difficiles à venir où ses libertés seront petit à petit rognées, rabotées, abimées. Qui ne dit mot pense de moins en moins à la liberté mais de plus en plus à ses lendemains difficiles. Oui, qui ne dit mot se sent souvent abandonnée. Marianne battue, se tait. Et vous voulez lui dire d’aller voter ? Mais pour qui ?

Ne votez pas

Je refuse d’endosser la responsabilité des sacrifices que l’on nous impose. Je refuse d’être la victime consentante de mesures imposées par des personnes dont le cadre de pensée limité ne les empêche pas d’avoir un pouvoir illimité sur des sujets qu’ils ignorent par la seule onction imaginaire et magique du suffrage universel. La supercherie a été de vous faire croire que l’action est dans le vote. C’est faux, l’action est dans l’action. Seule l’action nous rendra libre.

Ne votez pas. Agissez

Par nature un contrat est un instrument légal passé entre deux personnes (physique ou morale) consentantes. Pouvez-vous me donner la date à laquelle vous avez signé votre exemplaire du contrat social ? En êtes-vous satisfait ? Sachez qu’à chaque élection vous renouvelez les termes de ce contrat, de votre consentement à l’impôt et de votre asservissement à l’autorité absolue de notre monarque républicain et de ses grands corps affidés.

A chaque élection, à côté de votre nom, dans la petite case, vous apposez votre signature. A voté. S’est soumis. A perdu son droit à la parole.

devoir2

Si vous connaissiez la force des courants libérateurs qui existent bel et bien aujourd’hui vous n’auriez plus peur. Il n’y a pas de gauche, pas de droite. Les exercices de démocratie directe, de prise de décision par tirage au sort, de vote par différentes règles comme le système Schulze, les crypto-monnaies, l’éducation en ligne (classe inversée ou MOOC), les systèmes collaboratifs, les réseaux pair à pair, les système d’information distribués sont quelques-uns des dizaines et dizaines d’instruments qui existent aujourd’hui et qui ont le pouvoir de nous rendre plus libre. De nous rendre moins dépendant d’une structure centrale dont la vocation sera de devenir toujours plus disciplinaire et toujours plus autoritaire. La démocratie représentative est devenue un danger. Elle n’est pas la démocratie. Elle est un monstre gouverné par les lois de Bernays. La démocratie ne se délègue pas. La démocratie c’est nous. Arrêtons de pleurnicher à cause des énièmes promesses non tenues. Nous sommes adultes, libres et responsables.

Ne votez pas. Ne vous plaignez pas.

Agissons ensemble.

Maintenant.

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